
Les deux astrologies
Que pouvons nous constater en matière d’astrologie de nos jours et dans notre région du monde ?
D’un côté, une astrologie informatisée, plus ou moins automatisée, pouvant établir une carte du ciel astrologique en quelques secondes, des interprétations généralement sommaires, des consultations à la va-vite, à distance ou pré- sentielles, calculée à partir d’horaires, de lieux géographiques plus ou moins précis, des horoscopes quotidiens, des prédictions géopolitiques, plus ou moins à « sensations », le tout dénué le plus souvent de tout véritable fondement, où les quantités, rapidité et le rapport à l’argent dominent, parfois l’attrait de « faire un « buzz » médiatique, s’adres- sant et intéressant une masse de personnes, les «Communs», (plus de la moitié des Européens), les mêmes magni- fiant les « restos », les « apéros », les week-ends et les vacances, adulant, admirant les « Stars » du cinéma ou du foot-ball, tandis que l’autre moitié, plus rationnaliste, plus lucide aussi, souvent plus éduquée, la rejette ou du moins exprime à son encontre un certain scepticisme…
De l’autre côté, une Connaissance vieille de plusieurs millénaires s’étant propagée, sous des formes diverses, à travers le monde entier, là en particulier où se développèrent à travers les siècles les civilisations les plus avancées pour leurs époques (zones géographiques de l’Euphrate, de l’Egypte, du pays de Canaan, d’Inde, de Chine, d’Amé- rique centrale et du sud), initialement réservée à une caste de prêtres, de rois et nobles puissants, en interrelation avec leurs spiritualité et divination…
D’un côté, environ 50% des européens acceptant, voire très friands d’interprétations astrologiques mais en fait ne l’ayant jamais étudié, se cantonnant à quelques clichés simplistes « je suis du signe des Gémeaux (ou autre) », parfois y ajoutant son Ascendant (Sagittaire ou autre) », d’autres encore moins nombreux s’efforçant d’y adjoindre quelques autres éléments astrologiques.
Il faudra attendre la période d’influence Romaine pour que l’astrologie Assyrio-Egypto-Grecque se transmute de Connaissance réservée à un petit nombre à celle destinée au plus grand nombre, donnant aussi naissance à un corps spécialisé d’astrologues respecté prononçant des « oracles » individuels à destination du grand public (voir les trypti- ques de Grand dans les Vosges par exemple), dénommée astrologie généthliaque.
Petite digression. Pour les prêtres Egyptiens notamment, la conception de l’organisation civile et religieuse reposait sur le principe des « trois cercles » comme Isha Schwaller de Lubicz l’évoque dans son ouvrage de référence « Her Bak disciple » :
« Notre société vivante est conçue comme un arbre qui a des racines, tronc, feuilles et fruits »... »un noyau autour duquel vont en s’élargissant trois cercles ou disques, concentriques du tronc autour de la moelle de l’arbre. Le noyau est le centre vital de notre société ; il englobe la source de sagesse »…
« Le premier cercle qui l’entoure est le cercle intérieur, ou d’initiation aux divers secrets enseignés par le Temple ; le deuxième cercle est mixte, le troisième extérieur, c’est-à-dire sans aucun rapport avec la vie particulière du premier » ... » ces trois cercles s’incorporent, sans délimitation apparente, dans les diverses classes de notre peuple »…
« Le peuple peut générer des êtres capables de monter de cercle en cercle vers le centre.. » « Considère maintenant le deuxième cercle, intermédiaire ou mixte, dans lequel des gens de classes diverses, prêtres, scribes, fonctionnaires de tous grades, techniciens, artisans, qui manifestent des possibilités compréhensives sans présenter encore les ga- ranties suffisantes de sécurité pour les instruire davantage. C’est un cercle d’observation, où sont offerts les moyens de culture par les groupements, corporations, rites et fêtes, et par les diverses techniques ; là sont sélectionnés les sujets admissibles au cercle intérieur ».
« Nul ne connaît leur existence avant d’être de l’intérieur ; il n’est point de barrières visibles. Les « extérieurs n’ont pas de secrets à cacher ; les mixtes reçoivent les avantages qui leur conviennent ; ils n’ont rien à envier… si ce n’est la Sagesse. Seuls, ceux de l’intérieur doivent connaître les autres pour savoir ce qu’ils doivent taire ou révéler... ».
Dernière remarque à ce sujet qui mériterait vos attention et réflexion, sachant que l’on peut retrouver l’application physique et monumentale de ce principe général d’organisation dans de nombreux « centres initiatiques » à travers les millénaires, dans différents lieux du monde, par exemple, bien sûr en Egypte, mais aussi chez les druides celtes, à Angkhor chez les Thaïs, en Chine, en Amérique centrale et du sud… René Guénon, le notoire philosophe ésotériste Traditionnel aborde aussi ce sujet important des trois cercles.
D’autres restes de cette ancienne astrologie, plus divinatoire et spirituelle, commuèrent les calendriers des jours et des heures fastes et néfastes Egyptiens puis Gréco-Egyptiens (tel que l’on peut le retrouver dans le papyrus Sallier IV traduit et commenté par François Chabas en 1860), les Romains étant notamment passés par là, en livres des jours et des heures.
C’est ainsi que les livres des jours et des heures fastes et néfastes Egyptiens en particulier furent remplacés avec l’avènement, la dominance et la propagation progressive de la religion catholique Romaine en Europe du sud-ouest à partir du treizième siècle après J.C et ce jusqu’au 15e siècle, d’une part par des livres des Saints (un Saint pour cha- que jour sélectionné en fonction de ses caractéristiques, illustrant un « message à faire passer », puis surtout par des « livres des Heures » ou psautiers qui connûrent un grand succès à partir de la même époque, destinés principale- ment aux laïcs ainsi qu’aux aux prêtres lettrés, capables de les lire en latin, en tant qu’éléments du bréviaire.
Ces livres d’Heures se répandirent principalement en France, aux Pays-Bas, en Angleterre, puis en Italie et en Es- pagne. Chaque chrétien lettré (une minorité) se devait d’en posséder un, plus ou moins réalisé de manière le plus souvent modeste ou au contraire richement enluminé, décoré…
Mais il fallait aussi convertir « les laïcs ou les tièdes ». La vie et la mort de Jeanne d’Arc, « la bergère de Domrémy » s’était répandue dans tout le royaume de France.
Certains eurent l’idée de propager au plus grand nombre encore davantage sa vie, et sa « sainteté » et de s’en servir pour convaincre à se convertir et pratiquer.
Jean de Brie fût le premier, en 1379, à publier en langue Française un « « le bon berger ou vray régime et gouverne- ments des bergers et bergères », petit livre condensant des conseils pratiques en relation avec les observations et prévisions météorologiques à partir des comportements des oiseaux notamment, quelques informations sur la lune et ses cycles et prévisions astronomico-astrologiques...
Un des enjeux importants était de « toucher » le peuple dans son ensemble, composé essentiellement de ruraux et d’illétrés. Il fallait donc diminuer le cout de ces livres, aller au plus simple.
Une nouvelle étape se franchit avec l’édition du « Kalendrier des bergers » en 1491 imprimé par le Maître-imprimeur Guiot Marchand à Paris qui annonce la couleur de suite dans son frontispice :
« Cy est le Kalendrier des bergiers contenant trois choses principales.
« La premiere est congnoissance que les bergiers ont des cielx, des signes, des estoilles, des planetes, de leurs cours, mouvemens et proprietez.
« La seconde est des festes immobiles et mobiles, du nombre d’or, des lunes nouvelles et entièrement de tout ce qui est contenu en la science du compotz.
« La tierce est de l’almanach, des quatre complexions, de soy regir et gouverner selon que les saisons requierent pour vivre sainement, joyeusement et longuement. »
Nouveau succès, entrainant une deuxième puis une troisième édition, celle-là de 90 feuillets.
Pour plus de détails, consultez l’étude de Jean-Patrice Boudet « une astrologie rurale et populaire ? Le calendrier des bergers et celui des bergères. (2015 Hal-02487824).
Désormais, l’objectif des Maîtres-imprimeurs fût de démocratiser encore davantage ces « Kalendriers », de les rendre encore plus accessibles au plus grand nombre, destinés à un public laïc et de la campagne, à base de gravures sur bois, de réalisation de plus en plus simples et peu chères.
Ils constatèrent aussi que dès lors qu’il existait de larges rubriques astrologiques, la vente s’en trouvait en moyenne jusqu’à en être décuplée…lui accordant une place alors de premier choix…
En 1569, la formule était parfaitement rôdée si l’on considère l’édition par la veuve Jean Bonfons de son « Grand Kalendrier et Compost des Bergers composés par le berger de la grant montaigne. Auquel sont adioustez plusieurs nouvelles figures et Tables, lesquelles sont for utiles à toutes gens ainsi que pourrez voir cy après ».
Si l’on observe plus particulièrement leurs contenus astrologiques, reprenons ce qu’en a dit « Dicopathe » à ce sujet dans son très bon article relatif au Grand calendrier et compost des bergers :
« Selon l’astrologie, les astres et la configuration de la voûte céleste agissent directe- ment sur l’être humain et la nature qui l’entoure. Cet état de symbiose, qui justifie les indications médicales et “diététiques” contenues dans le livre, est illustré par la figure alors très répandue de « l’ homme zodiacal ». Tour à tour, les sept planètes sont passées en revue avec l’influence de chacune d’entre elles sur la personnalité et le tempérament de ceux placés sous sa domination.
Pour l’auteur, la position des astres dans le ciel détermine les événements de la vie courante. C’est pourquoi il détaille, par exemple, les quatre “complexions” définies par la théorie des humeurs ou les jours favorables à la saignée en fonction de la position de la Lune dans les signes du zodiaque.
À noter que dans l’ouvrage la durée d’existence sur Terre d’un être humain est fixée à 72 ans, terme qui peut être anticipé ou repoussé selon la volonté divine ou l’hygiène de vie «...
Ces « calendriers des bergers » vont demeurer des « best sellers » jusqu’au début du 18e siècle, vendus le plus souvent par les colporteurs, achetés autant par les « urbains » que par les « ruraux » sachant lire bien évidemment.
Voir encore à ce sujet l’ouvrage de Denis Hüe « Le calendrier et compost des bergers, un vade-mecum populaire –Paris– 2014 ».
Progressivement, ces calendriers furent remplacés par des « almanachs des bergers », à partir du 18e siècle, de réalisations et impressions plus simples, plus orientés vers les jours, les heures de levers et de couchers du soleil et de la lune, des prédictions astrologiques et religieuses (en relation avec les Saints des jours), des informations prati- ques d’auto-médication pratique et basique (comment se saigner, se purger, se laver, se couper les cheveux…).
Une autre caractéristique de cette évolution fût la régionalisation de ces almanachs (ici à Liège, un autre en Alsace, un autre encore à Troyes etc…).
Ils étaient pour la plupart brochés, imprimés en couleurs rouge et noir (repenser ici aux jours et heures fastes Egyp- tiens, les noirs « bénéfiques », les rouges « maléfiques »), conçus d’abord pour des lecteurs illétrés pouvant mémo- riser les caractères hiéroglyphiques.
On pouvait alors les retrouver tant dans les auberges, les fermes, que dans les châteaux et demeures bourgeoises, les colporteurs en assurant aussi la diffusion.
A partir de 1774, une « nouveauté « apparût : l’intégration de la diffusion de grandes nouvelles (par exemple le décès du roi Louis XV)…
Napoléon utilisa ce moyen de communication plus intensivement pour diffuser ses messages au peuple.Il en fût ainsi jusqu’à notre époque moderne.
C’est à partir du 22 novembre 1925 qu’une évolution significative fît sensation avec l’édition en France d’un supplé- ment au journal quotidien parisien « le petit journal », fondé en 1863, d’un horoscope et des prédictions du fakir Fakhya-Khan annonçant la destruction de Paris pour l’année suivante en 1926, réintroduisant l’intérêt des Parisiens pour « l’astrologie populaire.
Devant ce succès médiatique, l’idée fût reprise par le quotidien du soir « le petit parisien » en 1926.
Trois ans, plus tard, en 1930, le même quotidien publiait chaque soir les prédictions de deux astrologues Français, Mme de Thélème et Maurice Bourdet.
Cette même année, en Angleterre, succès fulgurant de l’astrologue Britannique Richard, Harold Naylor publiant dans le quotidien The Sunday Express un 24 aout 1930 un horoscope sous le titre « Ce que les étoiles présagent pour la nouvelle princesse (Margaret, petite sœur d’Elisabeth II). Important succès immédiat.
Le quotidien réitèrera le 31 aout avec encore une popularité encore grandissante.
Richard Naylor continuera d’y faire des prédictions. Quelques semaines plus tard, il prédît qu’un aéronef Britannique serait en grand danger entre le 08 et le 15 octobre 1930.
Sa notoriété fit un bond considérable le jour où un dirigeable Britannique de 220 mètres de long, le R 101, assurant la liaison Londres-Karachi s’écrasa à Allonne, non loin de Beauvais dans l’Oise en France, le 5 octobre 1930, tuant 48 personnes.
A partir de ce jour-là, Richard Naylor pût proposer un article par semaine baptisé « What the Stars Foretell » (ce que les étoiles prédisent), un horoscope hebdomadaire pour les gens dont l’anniversaire coïncidait avec cette semaine-là.
Quelques années plus tard, il fît évoluer sa rubrique hebdomadaire en description et interprétation, mois par mois, d’un signe zodiacal. Devenue une star, il recevait 28 000 lettres chaque semaine tandis qu’il éditait un premier disque vynile 78 tours sur ce même sujet, en vendant 7,5 millions en 13 années !
Evidemment, ce succès fût aperçu en France et dans d’autres pays Européens.
En France, le « journal de la femme », hebdomadaire créé en 1932, 16 pages 58x36 cm reprît l’idée et le flambeau avec le concours d’un astrologue Français, Louis Gastin, alias Thot Hermès.
Succès toujours confirmé. 1935, deux autres journaux, Gringoire et Paris-Soir publiè- rent leurs premiers horoscopes , dont, pour ce dernier un horoscope quotidien signé par Constant Kerniez, de son vrai nom Félix Guyot, astrologue 1937, de nouveaux horoscopes selon l’astrologue Marie-Louise Sondaz dans la magazine mensuel « Marie-Claire » une fois pour chaque quinzaine.
Deux années plus tard, en 1939, la même astrologue introduisait des nuances d’horosco- pes différenciés selon que les lectrices était blondes, brunes ou rousses…
Succès jamais démenti, ouvrant la voie à d’autres horoscopes journaliers de différents médias, dont notamment la presse féminine à partir de 1950, « Elle, Intimité, France Dimanche, Jours de France et même France Soir…).
1953, la radio Française Paris Inter organisait une émission « Faut-il croire aux prédictions », animée par Léon Zitrone avec grand succès.
De ce fait, les radios Françaises RTL et Europe 1 proposèrent aussi leurs « horoscopes quotidiens dès le début des années 1960.
En 1966, Roger Berthier créait Astroflash, éditant des horoscopes « personnalisés » à partir de l’informatique en plein développement., tandis qu’il ouvrait son premier magasin sur les Champs Elysées en 1968.
Deux années plus tard, au vu de ce fulgurant succès commercial, Lucien Morisse, directeur général de la radio Fran- çaise Europe 1 reprenait l’idée et introduisait le 14 septembre 1970 le premier horoscope radiodiffusé assuré par « Madame Soleil », de son vrai nom Germaine Soleil, astrologue.
Cette émission rencontra un grand succès d’écoute durant 23 ans, jusqu’en 1993…(50 000 lettres en quelques mois, 17000 appels téléphoniques chaque jour à l’heure du déjeuner…)
La route était ouverte pour une multiplication du nombre d’émissions radiodiffusées, télévisées, à partir de 1975, création de magazines spécialisés, consultations par Minitel, puis par téléphone, maintenant par internet, ouvrages, DVD etc…
L’astrologie populaire avait retrouvé toute sa place. Mais quelle place ? Et que se passa-t-il alors ?
La même chose que pour le commerce et la production de masse… S’adressant au plus grand nombre, il fallait des outils astrologiques pouvant répondre en masse… Le succès d’Astroflash en était le meilleur premier exemple.
La voie était ouverte, augmentée et multipliée par les progrès informatiques puis le développement d’internet, pour une réponse « automatisée », standardisée, où il suffirait de faire croire à la précision, l’obtention d’une information obtenue rapidement, voire instantanément, à partir d’éléments informatisés, préparés d’avance, le plus souvent imprécis, regroupés et pré-classifiés, des positions terrestres et sidérales arrondies au degré près, voire pire, des heures de naissance non vérifiées et approximatives, en fonction d’un nombre limité de paramètres, d’autres même, parfois importants, partiellement ou totalement omis, des simplifications et des globalisations de toutes natures...
Une autre conséquence fût aussi de mettre à disposition des outils de calculs puissants aux mains d’astrologues que de noms, ayant un vernis de connaissances et débitant un langage convenu, si possible, un peu hermétique, suffisam- ment large pour convenir à différentes situations….
Et pourtant çà marche puisque, pour illustration de notre propos, Arnaud Esquerre, sociologue, (« Prédire. L’astrologie au 21e siècle en France, Paris, Fayard, 2013 »), dans son étude à ce sujet, a recensé 49 rubriques horoscopiques sur les 100 médias papiers les plus importants, payants, représentant, rien que pour eux 28,9 millions d’exemplaires de journaux, magazines, programmes TV, presse régionale.
De nos jours, il s’agit d’un « marché » estimé par exemple, aux Etats-Unis, de l’ordre de 2,2 milliards d’U.S. dollars en 2020, de 40 millions d’U.S. dollars rien que les ventes de prestations astrologiques en ligne par internet (en progres- sion de 64,7 % en 2020 par rapport à 2019).
Un marché mondial estimé à 12,8 milliards d’U.S. dollars en 2021, en progression, pouvant atteindre 22,8 milliards d’U.S. dollars vers 2030.
En 2020, six Américains du nord sur dix croient en l’astrologie, sept sur dix en France.
En 2023, nous avons même « passé un cap » puisque le « marché » de l’astrologie est devenu un « produit », avec ses statistiques, tendances de chiffres d’affaires et de rentabilité, forces et faiblesses…
Pour preuve, ce premier rapport et étude de marché de 250 pages, 236 tableaux et graphiques, réalisé aux Etats-Unis par la société sérieuse et structurée Allied Market Research « Rapport d’analyse de la taille du marché de l’astrologie, opportunités et tendances 2021-2031 » « des parts de marchés, du paysage concurrentiel et des tendances, par type, par mode, par génération d’utilisateurs finaux, analyse des opportunités mondiales et prévisions de l’industrie 2021-2031 »
Les mots sont lâchés ! Il s’agirait d’un marché, de concurrence, d’utilisateurs (ou consommateurs) , d’opportunités commerciales….
Une tendance en évolution constante positive, internet étant le nouveau « relais de croissance », d’autant que, dans de nombreux pays, les femmes et hommes se sentent de plus exposés à des stress de différentes natures et cumu- latifs.
Il semble, toujours d’après Allied Market Research, que la période COVID19 y ait joué un rôle d’accélérateur.
Leur proposition de livraison de la licence permettant un accès à leur étude de marché en ligne par internet ( à partir de 3570 US dollars jusqu’à 9600 US dollars) est explicité dans leur « aperçu du rapport », indiquant les préoccupa- tions croissantes « des gens » pour leur santé et leurs finances personnelles…
Les demandes de séances de lecture interprétative astrologique augmentent nettement afin d’obtenir des conseils personnalisés, notamment concernant les thèmes astraux personnels.
Deux autres constats apparaissent notamment dans ce rapport :
- »le manque de compétences du personnel (astrologues compétents) freinant la croissance du secteur de l’astrologie »
- »le relais de croissance possible pour contrer cette faiblesse liée à la formation de concepteurs d’interfaces utilisateur/expérience qualifiés » et l’importance à venir des systèmes développés couplés à l’intelligence artificielle, les nombreux développements d’outils d’astronomie alimentés par l’intelligence artificielle (I.A.), connus sous le nom d’astronomes artificiels, qui apporteront de nombreuses opportunités au marché de l’astrologie ».
Tout est dit. Telle est la pratique et l’évolution à venir de l’astrologie populaire et commune, globalisante, simplifiante… Comment peut-on imaginer que cette astrologie populaire, imprécise, emplies d’erreurs et d’omissions, de nombreux astrologues interprètes peu ou pas qualifiés, puisse obtenir de justes résultats d’interprétation donnant raison et « ma- tière » à leurs détracteurs, à moins que l’Intelligence Artificielle ne vienne en effet bousculer le jeu et permettre de bien meilleurs résultats d’ici à quelques années...
En tout cas, la technologie informatique et numérique actuelle a déjà permis de réduire le temps nécessaire à tous les calculs mathématiques, trigonométriques, astronomiques nécessaires et préalables, terrestres, de temps horaire puisqu’il existe déjà sur le mar- ché des logiciels ou des progiciels, plus ou moins précis, plus ou moins complets, question de prix.
De ce fait, il peut y avoir théoriquement à ce sujet égalité de prestation, sous réserve d’utiliser les équipements les plus complets et rigoureux au plan des calculs astronomiques comme, par exemple, les tables et éphémérides édités par la Nasa Américaine, base scientifique solide
Voici pour le premier type d’astrologie s’adressant au plus grand nombre. De l’autre côté, une autre astrologie Traditionnelle, qui a suscité de la part d’une certaine élite intellectuelle et sociale des études poussées, pointues, souvent durant de longues années, à travers les millénaires et siècles, les pays, prêtres égyptiens et assyriens, astronomes, philosophes, prêlats et écclésiastiques de toutes religions, constructeurs, artisans, hommes politiques, d’état, partie d’une certaine noblesse, bourgeoisie, médecins, scientifiques, hauts-fonctionnaires et dirigeants de toutes natures, des milliers de livres édités…
Comment imaginer un seul instant qu’il soit possible que l’astrologie ait pû perdurer aussi longtemps, captiver tant d’hommes cultivés, lettrés, éduqués sans qu’il y ait bien « Quelque chose », une « Autre Vérité »…
De l’autre côté, de nombreuses universités qui ont enseigné l’astrologie, à Bagdad, en Europe au 15e et 16e siècles, en 1520, une chaire à l’université papale, à Grenade (jusqu’au 17e siècle), au Moyen-Orient, aux Etats-Unis encore de nos jours ( Kepler collège d’enseignement supérieur à Seatle), en Inde dans une trentaine d’université (voir à ce sujet intéressant l’ouvrage de Carole Guenzi faisant suite à des études et recherches durant plus de treize années sur pla- ce « Le discours du destin » CNRS—2013, 446 pages »).
De l’autre côté, une astrologie Traditionnelle, demandant encore pour l’instant une étude « artisanale » assez longue (selon les questions posées) et exigeant de l’astrologue un savoir complexe, long à acquérir, qu’une minorité sociale de consultants, seule, peut se payer.
Certes, les progrès de l’informatique et du numérique ont particulièrement permis une très importante réduction des temps de calculs pour pouvoir établir une carte zodiacale d’un natif précise et juste mais par contre a peu ou pas résolu les questions de la valorisation planétaire ou des cycles orbitaux, deux sujets particulièrement « lourds » et déterminants à traiter avant interprétation...
De l’autre côté, avant toute interprétation de quelque nature qu’elle soit, une vérification approfondie de l’heure de naissance vraie du natif, sa détermination précise et au besoin, une « rectification » astrologique de ce moment important. De même, une détermination très précise en longitude et latitude du lieu de naissance du natif. Tout part de là. Toute erreur à ces niveaux fausserait la carte du ciel astrologique et bien sûr toute tentative d’interprétation.
De l’autre côté, une fois la carte du ciel astrologique du natif dressée, la très importante « valorisation » et hiérar- chisation des planètes, à partir d’une trentaine de paramè- tres de nature, permettant de comprendre la « force d’impact » de chacune d’entre elle, leurs capacités et niveau interractif avec les autres « points » astrologiques (planètes, angles, cuspides des signes, des maisons, nœuds lunaires, lune noire vraie, parts de fortune diurne et nocturne, antices, Chiron, principales et importantes étoiles et constellations…).
De l’autre côté, ces étapes importantes franchies, un nouvel obstacle apparait si l’on veut « aller dans le futur » et effectuer une « prévision ». Une séquence de travail déterminante consistant à « édifier » un tableau des cycles orbitaux de chaque planète et points symboliques astrologiques importants (nœuds lunaires, lune noire vraie, parts de fortune diurne et nocturne, Chiron…). Un travail délicat et précis requièrant plusieurs heures de travail avant toute autre analyse complémentaire par les directions (symboliques, primaires, secondaires).
De l’autre côté, les capacités personnelles de l’astrologue à « relier » tous les fils de cette carte du ciel, exigeant une bonne connaissance des arcanes astrologiques, demandant capacités de mémoire, de raisonnement déductif et fac- tuel, de mise en relations de multiples données, d’intuition (Neptune lui sera bien utile !)...
Vous pouvez percevoir que faute de ce travail important préliminaire, rien de très sérieux ne pourra être entrepris au plan de l’interprétation astrologique. C’est là où l’on peut comprendre la limite actuelle des logiciels d’interprétation, celle aussi de nombreux « astrologues », et celle aussi de la plupart des consultants incapables de payer le juste coût de ce type d’études.
Mais comme nous l’avons vu aussi, il existe une forte probabilité pour que l’Intelligence Artificielle puisse résoudre ces problématiques dans un futur assez proche si elle est « instruite » convenablement par de vrais et bons astrologues, des informaticiens compétents et novateurs.
Elle pourrait alors « réconcilier » les deux astrologies, séparées depuis tant d’années et, bien utilisée, rendre même des services importants aux êtres humains, notamment en matière d’analyse de leurs constitutions tempéramentales, des forces et faiblesses de leur physiologie, d’orientation professionnelle, d’outil de connaissance de soi-même, la détermination des évènements à venir dans leur futur...
Les Indiens sont à l’avant-garde de ces recherches actuellement au plan mondial, ce qui n’est pas étonnant après avoir lu l’ouvrage fort intéressant de l’anthropologue Carole Guenzi, ayant vécu treize ans à Bénarès ou sa région « Le discours du destin » CNRS—2013 ») où l’astrologie sidérale issue des Khorrâssiens occupe une place centrale dans la vie courante des Indiens de toutes conditions, ses 400 astrologues « patentés », ses universités et centres de for- mation.
A ce sujet, j’attire votre attention sur les avancées déjà très significatives de la société Indienne Kundli GPT (terme sanscrit signifiant « thème astral ou horoscope ») qui propose sur internet, pour l’instant en accès gratuit (limitation à huit questions chaque jour), en plusieurs langues dont l’anglais, des consultations personnalisées, des réponses immédiates aux questions posées. Ses premiers résultats sont « bluffants » et méritent de s’y attarder. A suivre...
